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 let me lose my mind. (cara)

Oscar Riedel
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✽ Mar 15 Avr - 17:37


© whit.

SARA & SCAR
This how an angel cries
I blame it on my own sick pride .


Ça fait déjà une demi heure que je glande sur ce foutu canapé. Bien sûr, Lan n'a rien rangé. Pourquoi l'aurait-elle fait. J'avoue que l'attente commence à être longue. Ça m'agace qu'ils n'arrivent toujours pas, bordel qu'est-ce qu'ils foutent. Vous me direz, ce n'est pas la première fois que Sil et Sara sont en retard, mais j'ai comme l'impression qu'ils ne viendront pas. Qu'il y a une couille dans le pâté, comme dirait Sil avec son petit accent cubain qui ne disparaîtra jamais vraiment. Je cale une énième clope entre mes lèvres, y met le feu et aspire la fumée. C'est déjà la troisième depuis que je les attends. Je jette un coup d’œil à mon téléphone. Toujours rien. Aucune nouvelle. Sérieux, ils abusent. L'idée qu'ils soient restés tous les deux me reste en travers de la gorge. Mes yeux parcourent le champ de ruine qui m'entourent. Depuis la dernière altercation avec ma colocataire, l'appartement n'est toujours pas décent, pas présentable du tout à vrai dire. Encore une fois, ils ont déjà vu pire, alors je ne me bouge pas tellement pour arranger ce souk innommable. Je me contente de fumer d'un air morose jusqu'à ce que mon téléphone se mette enfin à vibrer. Sara, c'est pas trop tôt. Je décroche, un peu fumasse. « Qu'est-ce que vous foutez ? » Pas de bonjour, pas de merde ni de merci. Bon. Elle m'a l'air énervée elle aussi, elle m'attend en bas de l'immeuble. Je grogne un « j'arrive » et jette ma clope à demi fumée dans un cendrier à moitié rempli. Je dévale l'escalier et vient lui ouvrir la porte en bas. Sara est toute seule, elle a l'air renfrognée de celle qui s'est fait poser un lapin. « Salut p'tite tête. Sil' est pas là ? » je demande, bien qu'à l'évidence, non, il n'est pas là. Ma question est plutôt orientée vers une demande d'explication, elle le sait bien. Je referme la porte de l'immeuble et nous remontons jusqu'à l'appartement. La porte se referme sur nous et nous nous retrouvons baignant dans un fond musical un peu lointain, seuls chez moi. Pour la première fois depuis longtemps. Pour la première fois depuis... N'y pensons pas. Je reprends ma demi cigarette et la rallume, les yeux rivés aux siens en attendant de savoir ce qui cloche.
Sara Ellis
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✽ Ven 18 Avr - 22:02

Il est pas là. Ca fait vingt minutes qu’il devrait être arrivé. Mais il est pas là. T’as beau l’appeler encore et encore, ce n’est que son répondeur qui te répond. T’oscilles entre la colère et l’inquiétude. Est-ce qu’il va bien ? Est-ce qu’il est toujours vivant ? Depuis la mort de sa sœur, la peur de le perdre te prend le cœur. Et s’il crevait juste au bord de la route ? Là, comme un connard. Putain. Tu te tortilles les mains comme une idiote. Tu devrais pas t’inquiétez comme ça. Il est grand Silvio. Mais c’est plus fort que toi. Il déconne en ce moment Sil. Et ça t’fait mal. Tellement mal de le voir comme ça. T’as envie de lui redonner gout à la vie. T’as envie de lui montrer que le monde est beau, même si son absence le noircit. Mais y’a rien à faire. Il s’enfonce. Et toi, toi tu le vois s’éloigner. Tu sens cette fracture s’installer entre vous. Et y’a rien à faire. T’en crève un peu plus chaque jour. Et tu te perds. Dans tes sentiments qui s’étiolent doucement. Ces sentiments qui changent avec lui. Y’a ton cerveau qui s’égare.
 
Tu sers le poing avant de taper de nouveau ce numéro que tu connais par cœur. Ca sonne. Comme avant. Puis brusquement, c’est sa voix qui te répond. « Sil ?! Qu’est ce que tu fous, jt’attends ! » T’entends du bruit derrière. Et il répond. T’entends sa voix qui résonne. « Putain mais lâche moi Sara !  Tu m’emmerdes sérieux ! » Y’a ton cœur qui se sert. Là, dans ta poitrine. Et t’as même pas le temps de répondre qu’il raccroche déjà. Alors tu restes plantée là. Comme une conne. Tu l’detestes en ce moment Sil. Cette façon qu’il a de t’envoyer chier. De te faire sentir comme la dernière des merdes. Puis ça te fait mal. De voir votre relation se barrer en couille comme ça. Ca t’fait mal de plus le sentir contre toi comme avant. Juste tendre.
 
« … Putain de connard » Tu t’lèves finalement. Qu’il aille se faire foutre. Tu vas pas l’attendre. Tant pis pour lui. Qu’il se défonce tout seul comme un con. Puis qu’il crève. T’attrapes tes affaires, puis tu descends. Tant pis. T’iras chez Scar sans lui. Puis de toute façon, t’as pas besoin de lui pour voir ton meilleur ami après tout … 
 
Alors, t’es là, devant chez lui. Tu l’appelles pour qu’il vienne ouvrir. Tu l’entends à sa voix, que ça le gavait lui aussi d’attendre. Puis dans l’agacement, t’avais même pas pensé à l’appeler.
Tu l’attends. Et c’est en attendant que tu réalises. Tu réalises que vous allez être tous les deux. Juste tous les deux. Ce genre de chose qui ne t’aurait pas troublé une seule secondes avant. Etre seule avec lui. Mais là. Ce baiser à la con reste gravé. Tu sais même pas pourquoi. T’as beau te dire que c’est rien. Il est là. Il passe en boucle dans ta tête. Le gout de ses lèvres. Putain …
 
« Salut p'tite tête. Sil' est pas là ? » C’est sa voix qui te ramène sur Terre. Tu lâches un petit rire nerveux à la con. « Faut croire que non … » Tu échanges un de ces petits regards avec lui. Un de ceux qui parlent sans mots. Scar, il te comprend. T’as jamais su comment. Mais ça a toujours marché. Cette compréhension de l’autre. Alors il la lit dans ton regard, ta déception. Puis ta peur pour Sil.
 
Vous montez là haut. Tu l’suis dans les escaliers avant d’arriver chez lui. Puis y’a son regard qui se plonge dans le tient. Il dit rien, mais tu le sais. Tu le sais qu’il attend tes petites explications. Alors t’hausses les épaules. « … J’sais plus quoi faire … » Tu soupires longuement avant d’aller t’installer sur son canapé. Bientôt, il viendra s’installer tout contre toi. Comme d’habitude.
 
Tu sais même pas quoi dire. Par où commencer.
Scar. J’suis paumée. Aide moi.
Oscar Riedel
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✽ Sam 19 Avr - 13:32

Mes yeux scrutent son visage aux milles détails qui me sont si parfaitement familiers. Je pourrais la redessiner sans une once d'hésitation, les yeux fermés, dans le noir, sans l'avoir vue depuis des semaines. Je la connais par cœur, Sara, je connais ses expressions, ses mimiques, ses tics, je sais à l'avance les pauses qu'elle va marquer dans chacune de ses phrases. Sara, j'ai l'impression de la connaître mieux que je ne me connais moi même. Ce qui est quand même la chose la plus triste au monde. Ou l'énigme la plus magnifique de l'univers. Je n'ai jamais compris comment j'ai réussi à me greffer à cette créature, m'insinuer dans sa vie comme un voleur de rêve, un arnaqueur. Elle m'a tout pris, mais tout donné aussi. Et je la vois là, les sourcils légèrement froncés, le ton de sa voix qui vibre encore un peu de colère. Elle s'affale sur mon canapé. « … J’sais plus quoi faire … » qu'elle a soufflé, avant de se laisser aller à un confort tout relatif. Mon agacement retombe comme un soufflet. Moi, je meurs d'envie de la rejoindre, de lui entourer la tête de mes mains et de rire avec elle. Lui rappeler qu'en fin de compte, il n'y a rien de plus important que ça. Que nous. L'intégrité de nos deux corps, de nos deux cœurs, en communion silencieuse. Je n'en fais rien. Je soupire, décroise les bras et disparaît furtivement dans la cuisine pour aller chercher deux bières que j'avais mis au frais en prévision de la soirée. En cet instant, il devrait y avoir Sil aux côtés de ma meilleure amie. C'est à eux deux que je devrais être en train d'apporter des rafraîchissements, j'aurai jeté la guitare dans les bras de mon frère de substitution, et on aurait passé la nuit dans les bras de l'ébriété, ivres de cette amitié que rien n'aurait du altérer. Au lieu de quoi, Sil est absent, Sara est plus seule qu'elle ne le pense et au fond de moi, je me doute de ce qui est en train de se passer. L'image furtive d'un garçon éclaté à je ne sais quelle merde sur le plancher, dans un squat quelconque, ou qui sait, dans sa propre chambre, me glace le sang et je retourne aux côtés de Sara, à côté de qui je finis par m'affaler. Nos bras se touchent quand je lui mets sa bière entre ses mains, et je ne cherche pas à m'esquiver. Dès qu'elle est là, je me sens obligée de la coller, de toutes les manières. Je me retiens en présence de Silvio, mais les temps changent... Je sais qu'elle l'a compris quand je croise son regard, je sais qu'elle l'a vu, cette drôle de flamme aux fond de mes yeux. Après ces interminables minutes de silence, je marmonne un « Je sais » peu convaincu, et peu convaincant. A vrai dire je ne sais pas très bien. Ou je ne sais plus. Ai-je jamais su. Le problème, ce n'est pas tellement Silvio, ce n'est pas tellement son absence criante, ce n'est pas tellement nous. Le problème, c'est que l'on perd nos repères. Dans l'absolu, rien ne serait aussi important si cela n'avait fait brusquement éclater notre petit monde bien confortable, stable et rassurant. Nos certitudes ont explosé avec nos liens, qui s'effritent, dangereusement. Pour le pire, et... pour le pire. Il n'y a pas de meilleur. Je m'en veux au plus profond de moi-même en osant penser pendant une demi seconde que je suis finalement heureux de l'avoir rien que pour moi. Ça n'arrivait plus tellement ces derniers temps. J'avais l'impression de couler, loin d'elle. Et quand elle était là, il y avait toujours Sil. Depuis quand sa présence me dérange ? C'est sans doute ça qui me ronge le plus. Le fait que ses mains sur elles me fasse tiquer plus qu'avant. Ses mains plus aussi sûres et fiables qu'autrefois. Oui, oui j'ai peur pour elle. Qu'elle m'échappe, qu'il s'échappe, que l'on se file entre les doigts, tous les trois. Je décapsule ma bière avec un briquet, boit la moitié de ma bière en une seule gorgée et me tourne vers elle. « Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Rien de grave, il est juste pas venu, pas vrai ? » Non, rien de grave. J'essaye de relativiser, de faire descendre d'un cran la tension qui emplit la pièce. Sara a les poings crispés, elle doit même pas s'en rendre compte. Je sais qu'il déconne depuis quelques temps, Sil ; je me souviens encore très bien de cette altercation dans un bar qui a failli se finir en bain de sang si je ne l'avais pas arrêté à temps. Ce con avait réussi à m'en coller une par accident en cherchant à se dégager de mon emprise. C'est sans doute à ce moment là que j'ai compris tout ce qu'il gardait, tout ce qu'il essayait de cacher au plus profond de lui-même, et qui explosait de temps en temps. Avec l'alcool, avec ses drogues qui n'avaient plus rien d'amusant. Avec ses pétages de plomb de plus en plus fréquents. Et moi dans tout ça, je n'ai rien dit. Je me suis contenté de flipper pour Sara, en me demandant quand elle finirait par en faire les frais, de ses putains de coups de colère. Je pose une main sur la sienne, masse légèrement ses poignets. « Eh, détends toi, c'est pas grave. Il est ou là ? Tu le sais ? »
Sara Ellis
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✽ Lun 21 Avr - 18:40

T’as le cœur qui pleure. Toi, t’aimerais juste que tout soit simple. Que tout soit comme avant. Et t’es là, à tenter de maintenir ta vie en place. Mais il s’éparpille ton monde. Il s’éparpille douloureusement. L’absence de Luz te ronge toi aussi. Tu l’aimais cette gamine. Ce joli morceau de soleil. T’allais surfer avec elle. Et vous parliez. De tout. De rien. De ce dont elle ne parlait pas avec son frère. Et aujourd’hui, plus personne ne parle. Son absence brule lentement ces liens qui semblaient indestructibles.
 
Ton regard se perd un peu dans le vide. Tu portes ta main à la bouche, rongeant ton ongle sans même t’en rendre compte. Pourtant, t’avais arrêté. Cette foutu manie. T’avais arrêté. Mais l’angoisse est là. Et elle te faire recommencer.  Le bruit du frigo qui se ferme te ramène à la réalité et tu regardes Oscar revenir vers toi, deux bières à la main. Tu l’regardes ton Oscar. Tu lui souris un peu malgré la peine qui te pèse sur le cœur. Il fait comme avant. Comme vous avez toujours fait. Boire des bières dans l’un de vos appartements en parlant. En jouant. En riant. Oscar, il est celui qui te maintient debout. Quoi qu’il arrive. Une bouée. Une bouée un peu fragile parfois.
Il s’étale près de toi avant de te donner ta bière. Alors tu la décapsules avec ton briquet. Et ça te fait sourire légèrement lorsque tu le fois faire de même quelques secondes après. Vous êtes pareil tous les deux. C’est fou. Des vrais frères et sœurs diraient ta mère. Parce que vous avez grandi ensemble. Mais elle ne comprend pas tout ta mère. Elle ne voit pas ce trouble qui s’installe.
 

Ton regard est posé sur lui tandis qu’il descend pratiquement la moitié de sa bouteille. Toi, tu la portes à ta bouche pour en boire simplement quelques gorgées. Un silence s’installe. Mais pas un de ces silences pesants.  Un de ceux où tu te perds un peu. Et finalement, c’est sa voix qui te sort de nouveau de tes pensées. « Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Rien de grave, il est juste pas venu, pas vrai ? » Rien de grave. Y’a ces mots qui se baladent. Là, devant tes yeux. Rien de grave. Non, c’est vrai. Il n’est pas mort. Du moins, pas physiquement. Il est juste pas venu. Comme il dit. Juste. Il est juste ailleurs. Drogué. Bourré. Défoncé jusqu’à en crever. Y’a tes poings qui se serrent. L’un sur ta bouteille. L’autre sur ta cuisse. Il est juste pas là. T’hausses les épaules. Comme si t’en avais rien a faire. Tu lâches même un petit rire. Un petit rire nerveux. Mais t’as les larmes aux yeux en vrai. « Ouais … Il est pas venu … » Y’a une boule dans ta gorge. Mais t’es forte. T’es Sara. Et Sara, elle pleure pas. Pas pour des conneries comme ça. Tu lèves les yeux vers Oscar lorsqu’il pose sa main sur la tienne. Tes yeux brillants. Tu lui souris. De ce sourire qui veut dire Regarde, je peux encore sourire. T’as vu, je souris pour toi. Pour pas que tu t’inquiètes. « je sais pas … il m’a juste dit que l’emmerdait. Et il était défoncé. » T’hausses les épaules avant de lâcher un nouveau petit rire avant de te lever brusquement. « C’est rien. Ok ? On y pense pas … Ce soir, c’est toi et moi. » Tu essuies maladroitement tes yeux, lui souriant doucement. « Ok ? » Tu poses ta bière sur la petite table avant de te diriger vers le tourne-disque de ton meilleur ami, attrapant un de vos vinyles préférés. Puis tu l’installes avant de t’asseoir à coté de la petite table. « T’as de quoi faire quelques joints … ? » Tu sors toi même des feuilles et du tabac, buvant une longue gorgée de bière en attendant simplement de quoi faire un joli festin. De quoi planer un peu au rythme de la musique.
Oscar Riedel
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✽ Dim 4 Mai - 0:13

On dirait que les larmes obstruent ses voies respiratoires. On dirait qu'elle étouffe, ma Sara. Et ça, j'aime pas. Non, j'aime pas. Parce que tout ça c'est notre faute. A nous tous. Avec nos belles idées, nos belles envies. Nos jolis rêves, volés en éclats. La mort inopinée d'une sœur, qui a tout foutu en l'air. On a rien essayé de réparer. On a regarder nos amitiés tomber en ruines, s'effriter. Et tous les jolis sourires de Sara n'y changeront rien. Elle a beau faire semblant, la belle, on est cassé. On a brisé quelque chose l'autre soir, il n'y a pas seulement Sil, il y a tout le reste. Nous, petit mot de quatre lettres qui prend bien plus de sens maintenant. Mais qu'est-ce que tu peux être con Scar, quand tu t'y mets, quand tu te mets à penser, à rêver à ce dont tu as à pas droit. Sara, j'ai pas le droit non, d'y toucher. De lui bousiller le cœur encore plus. Moi, j'devrais être la pour le réparer. Pas pour vouloir en faire partie, autrement j'entends. Je pince les lèvres et boit une autre gorgée de bière à sa réponse. Qu'elle l'emmerdait. Le Silvio qu'on a rencontré sur la plage n'aurait jamais dit une chose pareille. Je le sais, elle aussi. Le Silvio qu'on a rencontré n'aurait pas laissé tomber une soirée avec nous pour se droguer tout seul, dans son coin. « C’est rien. Ok ? On y pense pas … Ce soir, c’est toi et moi. » elle me souffle, en passant une main pour effacer ses larmes. Oui, elle et moi. Et rien d'autre. J'acquiesce sans rien dire. Putain, je déteste la voir pleurer. Je crois que ça a dut m'arriver deux fois dans ma vie, et à chaque fois, ça me faisait le même effet. « J'aime pas te voir comme ça... » je lui avoue, en passant un doigt sur l'arrête de son nez.

Et puis Sara pose sa bière et se lève, pose un quarante cinq tours sur le tourne disque. Il a tourné mille fois, celui là, assisté à mille beuveries, mille délires. Les crépitements laissent place à une mélodie familière. Je souris, il y a de bons souvenirs dans ces notes là. Sara m'arrache même un demi rire en me demandant si j'ai de quoi rouler quelques joints. Je crois bien avoir ça. Enfin moi non, mais Lan, sûrement. « Ouaip. Attends deux secondes, je reviens, je vais chercher ça. » Je termine ma bière ouverte il n'y a même pas deux minutes, et puis je me lève, et pars farfouiller dans les affaires de Lan. Ça fait longtemps que j'en ai pas eu de mes propres moyens, de l'herbe. Mais ma colocataire, elle, elle en a sans arrêt. Quand je rentre, ça sent toujours le pétard dans tout l'appartement. Alors elle a bien du en cacher quelque part, j'en suis sûr. Je choppe un petit sachet transparent sur une commode, le secoue, l'ouvre et sens : pas de toute, ç'en est. Satisfait je retourne dans le salon et m'affale de nouveau dans le canapé et commence à rouler, en silence. Il n'y a pas toujours besoin de parler. Les silences font aussi bien l'affaire, quand on est là, tous les deux. Seuls avec notre complicité muette. Quand j'ai roulé quelque chose de fumable, j'attrape une autre bière que je décapsule distraitement, et je reviens m’asseoir à côté d'elle par terre, encore. Parce que je ne peux même pas laisser une aussi petite distance entre nous. Il me la faut à côté de moi, tout près, assez pour sentir sa chaleur infuser jusqu'à moi. Je craque le pétard. J'exhale longuement, et puis je me lance. Parce que ça me pèse, que je n'ai pas l'habitude de lui cacher ce que je pense, surtout si ça nous concerne nous, même indirectement. « Tu sais, quand j'ai aidé Silvio pour être avec toi, au début, je pensais faire la bonne chose. J'hésiterai pas à défaire ce que j'ai fait si tu me dis que c'est plus ce qu'il te faut. Si il est plus ce qu'il te faut, j'veux dire. Même si Sil est mon pote, même si je l'adore... » Je ferai toujours passer Sara avant tout. J'imagine qu'elle s'en rend compte. « Je tiens à toi avant tout, ça me tue de te voir comme ça. » Je sais pas si elle prend toute la mesure de ce que je suis en train de lui dire. Sûrement pas. Même moi je réalise pas tellement l'ampleur de mes propos. Mais c'est pas grave. Parce que j'éloignerai Sil d'elle si c'est ce qu'elle veut, et même si elle ne le veut pas, pour son bien. Et puis, parce qu'il y a ce drôle de sentiment qui germe en moi quand je la regarde. C'est nouveau, curieux, inapproprié. Mais c'est bien là. Et ça me dégoûte de me sentir capable de les éloigner, sous un prétexte bidon, juste à cause de ce fourmillement débile dans mon estomac. On appelle ça de l'égoïsme ? J'sais pas.

Je tire une nouvelle fois sur le joint, et je le lui passe, en la regardant, en guettant sa réaction.
Sara Ellis
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✽ Ven 9 Mai - 9:41


Y’a tes pensées qui s’évadent. Qui s’envolent au rythme des notes. Tu l’aimes cette musique. Elle te fait rêver. Y’a tous les souvenirs qui te remontent. Qui t’prennent le cœur. Tu souris un peu en le regardant partir. T’as besoin de ça. De ton petit moment avec lui. Ca te manque putain. De plus passer du temps comme ça. Juste vous deux. Tu sers le poing. Un peu. Il te manque ouais. Trop. Tu sais plus trop où t’en es depuis quelques temps. Depuis les conneries de Sil. Puis depuis la dernière fois. Depuis que t’as embrassé ton meilleur ami. Tu sais pas ce qui t’a pris.  Pourquoi tu l’as laissé faire. Pourquoi t’as glissé ta main dans ses cheveux pour l’attirer un peu plus contre toi. Peut être que tu te sentais seule. Triste et seule. T’essaies de trouver une raison. T’essaies de te déculpabiliser. Mais pourtant, c’est là. Ce trouble. Il est là. Et ça te tue.

Les yeux dans le vide, tu bois ta bière en écoutant la musique. T’essaies de chasser ces conneries de ta tête. T’aimes pas ça. Avoir l’impression que votre relation change. Tu veux juste que ça soit aussi simple qu’avant. Juste ça. Scar revient. Tu l’regardes. Lui et sa dégaine. Son sourire en coin qu’il a lorsque vos regards se croisent. T’as pas besoin de dire quoi que ce soit. C’est juste comme ça. Simple. Beau. Et t’aimes ça putain. Cette relation presque parfaite. Tu veux pas la gâcher pour des conneries.

Finalement, Scar vient s’installer près de toi. Tout près de toi. Tu sens la chaleur de son corps contre ta peau. Il allume le joint tandis que tu finis ta bière.  « Tu sais, quand j'ai aidé Silvio pour être avec toi, au début, je pensais faire la bonne chose. J'hésiterai pas à défaire ce que j'ai fait si tu me dis que c'est plus ce qu'il te faut. Si il est plus ce qu'il te faut, j'veux dire. Même si Sil est mon pote, même si je l'adore... Je tiens à toi avant tout, ça me tue de te voir comme ça. »  Tu restes là. Comme une conne. Tu tortilles un peu tes mains, réfléchissant à ses mots. Et à tes mots aussi. A ce que tu vas dire. Puis tu finis par le regarder. Ton Oscar. Il tire sur son joint avant de te le tendre « … Comme quoi … ? » C’est vrai ça. Comme quoi. Tu fais une petite moue. Comme quoi ? Malheureuse ? Doucement, tu portes le joint à la bouche pour tirer dessus. Longuement. Tu laisses les effets te monter au cerveau. Puis tu recraches la fumée. Ton regard se pose de nouveau sur ton meilleur ami. « Puis…C’est… J’sais pas … C’est qu’une passade… Ca ira mieux … »
Tu l’espères ça. Que ça ira mieux. Que bientôt, Sil redeviendra ce petit bout de soleil qui illuminait ton cœur. Qu’il cessera d’être aussi noir. Mais tu sais pas. En vrai, tu sais plus. Ca s’voit un peu dans ton regard. Doucement, tu viens poser ta tête sur l’épaule de ton meilleur ami. Tu tires une nouvelle taffe, profitant un instant de l’effet.

Puis y’a cette phrase. Cette réflexion que tu te fais depuis un moment. Depuis qu’il a changé. Cette réflexion que tu te caches à toi même, mais qui, pourtant, ressort maintenant si facilement. « … Tu crois qu’il baise ailleurs … ? » Cette fois ci, tu le regardes pas Scar. T’as un peu peur de son regard. T’as peur d’y lire ta réponse. De nouveau, une nouvelle taffe de permet de t’envoler un peu. « Oublie. Réponds pas. » Tu préfères pas. Tu sais plus rien de toute façon.

« … J’sais plus trop où j’en suis… J’ai l’impression qu’on se perd. Toi. Moi. Lui. Tous. » Tu relèves finalement la tête pour le regarder. Doucement, tu viens glisser le joint entre ses lèvres. Puis tu lui souris doucement avant de déposer un petit baiser sur sa joue. « … J’veux pas qu’on se perde. Tu comptes trop … »
Doucement, tu reviens te blottir contre lui. La musique résonne doucement. Et l’effet du joint agit rapidement. T’as pas mangé depuis longtemps faut dire. « … J’pourrais pas vivre sans toi t’sais. » Tes doigts dessinent doucement des figures invisibles sur le doigt de sa main. « … J’sais que … Genre … C’est pas notre genre de … j’sais pas, de le dire à haute voix. Mais j’crois que j’en ai besoin aujourd’hui. J’pourrais pas vivre sans toi Scar. Vraiment. »
Oscar Riedel
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✽ Jeu 5 Juin - 0:17

Les mots dévalent mes lèvres comme une poignée de billes dans l'escalier. La bière et l'herbe ont fait leur œuvre. Et moi je ne retiens plus rien, encore une fois je me livre, imprudemment. Je m'avance sur ce chemin qui nous mènera dieu sait ou, et si cela doit nous nuire, je saurai qu'alors la faute n'en incombe qu'à moi. Que j'aurais été le seul à nous y emmener. Comme quoi, me demande-t-elle a la fin de mon ridicule petit speech à deux francs six sous. « Comme une espèce de pseudo veuve éplorée ! » je lance, en faisant les gros yeux. J'ai presque envie de sourire à demi, pour qu'elle ait une bonne raison de m'en coller une en rigolant, comme ça devrait se passer, finalement. Tout ça, c'est si sérieux. Ça nous arrive des fois c'est vrai, mais depuis... depuis la dernière fois, j'ai besoin qu'on déconne comme avant. Pour me rassurer, pour m'assurer que rien n'a changé entre nous, malgré ce baiser, ce furtif baiser de rien du tout qui a pris bien trop d'importance à mon goût. Ou bien pas assez, allez savoir, je déteste flotter entre deux eaux comme ça, avoir littéralement le cul entre deux chaises. Oui ? Non ? Je ne sais même plus où j'en suis avec moi-même. Autant dire que ça n'arrive pas souvent et que cette fois ci, mon indécision est plutôt corsée. Je lui donne un léger coup dans l'épaule, elle me répond que ce n'est qu'une passade. Je pince les lèvres tandis qu'elle tire sur le joint, je descend deux gorgées de bière, peu convaincu. Elle se voile la face, c'est tellement évident. Si je pensais réellement que c'était une passade, je ne lui aurais pas dit tout ce que je viens de lui dire. Je ne serais pas en train d'insinuer que je suis prêt à briser son couple, ce même couple pour lequel j'ai fourni tant d'effort, sûrement à son insu, d'ailleurs. Sil' a passé la limite, et même si je donnerais n'importe quoi pour qu'il en soit autrement, ça crève les yeux. Malgré tout, pour Sara, je voudrais le récupérer, Silvio. Pourquoi ce n'est pas ce que je suis en train de faire d'ailleurs, au lieu d'apprécier ce moment seul avec sa Sara plus que je ne devrais ? Parce qu'au fond, je sais qu'il me rejetterait, et parce qu'aussi, Sara passe avant tout. Avant tout le monde. Ça ne date pas d'hier, et ça durera aussi longtemps que survivra notre amitié.

« … Tu crois qu’il baise ailleurs … ? » Sa question me prend de court. J'imagine ma tête, car elle esquive ma réponse aussi vivement qu'elle me l'a demandée. Peut-être que oui, je connais la réponse, mais plutôt crever que de laisser un « oui » passer la barrière de mes lèvres. Je garde un silence d'or. Plutôt impressionnant au vu des circonstances. Qui aurait cru que j'étais de ceux capables de se taire quand il le fallait. « Pense pas à des trucs comme ça Sara. » Comme si c'était facile à vrai dire. Évidemment qu'elle y pense. Évidemment que ça l'inquiète. Parce qu'elle connaît la réponse. Et je ne suis même pas foutue de la lui donner. Non. Elle vient se blottir contre moi, et je passe un bras autour de ses épaules, un sourire sur les lèvres quand elle vient déposer un bisou sur ma joue. Je tire sur le joint qu'elle a calé entre mes lèvres, en l'écoutant, sourcils froncés soudain. Tant de sérieux ma Sara, tant de sérieux. « Oui, je trouve aussi. Qu'on se perd tous les trois. Mais toi et moi non, nous on ne se perd pas, surtout pas. Jamais. » je souffle en posant ma joue sur le sommet de son crâne. J'ai le regard vague, et je tire à nouveau une taffe, histoire de confirmer mon état second. « … J’sais que … Genre … C’est pas notre genre de … j’sais pas, de le dire à haute voix. Mais j’crois que j’en ai besoin aujourd’hui. J’pourrais pas vivre sans toi Scar. Vraiment. » Mais ça me fait du bien à moi Sara, que tu me les dise à haute voix, ces choses là. Ce sont des mots que l'on a jamais posés, que l'on ne s'est jamais dit. Pas par peur non, mais parce que ce n'était pas nécessaire. Parce qu'avant aujourd'hui, pourquoi aurait-il fallu que l'on se confirme que notre vie à l'un et l'autre ne valait rien si nous étions séparés. C'était une évidence. Pourquoi faut-il que ça ne le soit plus ? J'écrase le mégot dans une capsule posée devant nous et je me décale, pour observer son visage délicat, gracile. Ses yeux de biche. « Moi non plus. Depuis que tu m'as filé ton frère dans les bras ce jour là à l'école, j'ai plus su comment on faisait pour vivre sans toi. Et c'est pour ça que j'vais certainement jamais te laisser t'en aller de ma vie. Quoi qu'il arrive. » Quoi qu'il arrive. T'entends Sara. Quoi qu'il se passe, je ne te laisserai pas partir. Me quitter. Me dévaster. Egoïste que je suis. Mes doigts écartent une mèche de son visage, et presque mécaniquement, je m'avance pour dérober une seconde fois un baiser bref et interdit. Sans trop savoir ce que je fais. Mais c'est vrai ça, bordel qu'est-ce que tu fous Scar.
Sara Ellis
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✽ Dim 8 Juin - 10:18

« Pense pas à des trucs comme ça Sara. » Tu essaies. De ne pas y penser. Vraiment. T’en deviens conne même. A te voiler la face comme ça. Mais ça t’fait mal. De penser qu’il puisse faire ça. Qu’il puisse aller baiser ailleurs. Vous pour qui tout semblait si simple avant. Puis, t’as peur de te l’avouer. Parce que ça voudrait dire que tout est fini. Réellement fini. Et ça, quelque part, ça te terrorise. De te dire que tu dégages pratiquement deux ans de ta vie. Comme ça. D’un coup.

Tu ne sais pas vraiment pourquoi tu ne lui as jamais dit à Oscar. A quel point il pouvait compter pour toi. Peut être parce que ce n’était pas vraiment nécessaire. Parce que tu le savais. Et qu’il le savait aussi. Une douce évidence. Les mots ne valaient pas grand-chose face à tout le reste. Face à vos moments passés tous les deux à dire des conneries. A faire des conneries. Tout plein de conneries.
Pourtant, aujourd’hui, le besoin de lui dire s’est imposé. Et tu ne sais pas vraiment pourquoi non plus. Par peur de le perdre peut être. Parce qu’il y a ce sentiment que tout ne sera jamais comme avant. « Moi non plus. Depuis que tu m'as filé ton frère dans les bras ce jour là à l'école, j'ai plus su comment on faisait pour vivre sans toi. Et c'est pour ça que j'vais certainement jamais te laisser t'en aller de ma vie. Quoi qu'il arrive. » Ca te fait sourire. Ca te fait même un peu rire. De repenser à ça. A la façon dont vous vous êtes rencontrés. Toi et tes idées étranges. Donner ton petit frère à un inconnu ne t’avait absolument pas dérangé. C’était idiot pourtant. Horriblement inconscient. Pourtant, sans ça, tu ne lui aurais probablement jamais parlé. Et tout aurait été différent. Alors tu l’aimes, ton inconscience. Sans elle, il ne serait pas là, tout contre toi.

Les mots d’Oscar t’allège le cœur. Il te laissera jamais partir. Quoi qu’il arrive. Doucement, tu murmures « … quoi qu’il arrive … » avant de fermer les yeux un instant, le sourire aux lèvres. Tu planes, et ça se voit un peu. T’as le visage plus détendu, et le regard un peu vague. Du moins, quand tes yeux sont ouverts.

La main d’Oscar vient glisser tendrement sur ton visage. Alors tu ouvres de nouveau les yeux, te tournant vers lui pour le regarder. Tu t’égares un instant dans son regard. Il est beau Oscar. Horriblement beau. Tu te surprends à penser à lui comme à un homme. Et plus comme ce meilleur ami que tu connais depuis tes huit ans. Comme ça. Comme si tu le voyait par d’autres yeux.
Il dégage doucement une mèche de ton visage et tu sens ton cœur se serrer un peu. Et tu restes là, à te perdre dans ses yeux. Il se penche. Il se penche pour déposer ses lèvres contre les tiennes. Ca ne dure pas longtemps. Un simple baiser furtif. Et tu restes là. Interdite. Tu ne sais pas quoi penser. T’es trop paumé. Dans tes sentiments. Dans ta vie. Puis tes pensées sont totalement désorganisées par la drogue. Tu sais juste que ton cœur s’est arrêté un instant.

Alors, sans réfléchir aux conséquences. Sans écouter ton cerveau fatigué. Tu viens glisser ta main sur sa nuque pour l’attirer contre toi. Et de nouveau, tes lèvres se posent sur les siennes. Cette fois ci, ta langue vient se mêler chaudement à la sienne. Et rapidement, le baiser devient moins doux. Plus fougueux. Ta main vient remonter dans ses cheveux tandis que l’autre s’égare sur son torse. Tu ne sais pas pourquoi tu fais ça. Mais y’a ton cœur qui bat fort. Y’a ce désir qui te brule le ventre.
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